CAMEROUN : Quand un rongeur peut réduire la précarité des ménages tout en protégeant l’environnement : l’aulacode !

La Fondation SOSUCAM vient d’organiser pour le GIC « le Relais » une formation à l’élevage de l’aulocode, avec l’appui technique de l’Association Nationale des Eleveurs des Aulocodes du Cameroun. Mais de quoi parle-t-on au juste?

Aulacode, aulacodiculteur, aulacodeau, aulacodine, non il ne s’agit pas de charabia, mais bien d’un rongeur qui peut être élevé.

L’aulacode est un des plus gros rongeurs vivant au sud du Sahara. Son poids peut atteindre jusqu’à 12kg. Il est appelé « hérisson » en Afrique centrale et « agouti » en Afrique de l’Ouest. Depuis quelques années, l’aulacode est malheureusement menacé de disparition.

La chasse des aulacodes est motivée par deux principaux facteurs. Tout d’abord, ce rongeur constitue un vrai prédateur pour les champs des agriculteurs, qu’il peut ravager en une nuit. Les agriculteurs posent souvent des pièges afin de défendre leurs champs. De plus, la chair des aulacodes est très appréciée dans ces régions. Bien que cette pratique de chasse soit interdite au Cameroun, de nombreux braconniers traquent les aulacodes.

Face à cette situation, la Fondation SOSUCAM  a rencontré l’Association Nationale des Eleveurs des Aulacodes du Cameroun (ANEAC) dans l’optique de faire bénéficier son expérience aux populations de Mbandjock et Nkoteng.. Il s’est alors révélé que l’élevage d’aulacodes représentait de nombreux avantages.

Identification des plantes consommées par l’aulacode, formation ANEAC

Du point de vue de l’éleveur, cette activité peu exigeante en temps et en investissements, peut se révéler très attractive. La majorité des équipements peut être fabriquée facilement par l’éleveur, et 80% de l’alimentation des bêtes se trouve dans les différents milieux ruraux d’Afrique de l’Ouest et Centrale. De plus, le prix d’une bête peut facilement atteindre 10 000FCF. L’aulacodiculture permet de pouvoir vendre la bête vivante. Contrairement au braconnage, qui a souvent recours à des produits chimiques pour chasser l’aulacodes (ce qui peut infecter la viande et rendre les consommateurs malades), l’achat des aulacodes d’élevage permet aux clients de contrôler la manière dont va être tuée la bête. Un aulacode peut donc être vendu à un prix très intéressant pour l’éleveur. Néanmoins, l’éleveur peut également faire le choix de vendre des « couples de géniteurs ». L’inceste est la principale menace que les éleveurs redoutent. Ainsi, régulièrement de nouveaux géniteurs doivent être introduits dans les fermes. Les éleveurs peuvent donc faire louer entre eux ou vendre leurs bêtes géniteurs. Le suivi de la descendance de chaque bête est alors primordial. Enfin, les plats préparés à partir de la viande des aulacodes sont très prisés. L’éleveur peut donc aussi faire le choix de vendre ces plats, ce qui lui assurera une plus grande rentabilité de son élevage.

 

Du coté de l’environnement, l’élevage des aulacodes favorise la réduction des pratiques de braconnage. Les consommateurs vont se détourner de la viande issue du braconnage, pour favoriser une viande de meilleure qualité. Cet élevage participe donc à la conservation de la biodiversité locale.

Démonstration du « sexage » des bêtes, formation ANEAC

Consciente de cette adéquation entre cette activité et les besoins exprimés par les populations vivant dans sa zone d’intervention, la Fondation SOSUCAM a mis en place des activités pour favoriser le développement de cet élevage. Le 6 janvier, un atelier de formation d’initiation à l’élevage des aulacodes a été organisé à Mbandjock. Deux animateurs de l’ANEAC ont durant 4 heures captivé les participants. La Fondation a également appuyé le groupe Le Relai qui a souhaité développer cette activité. Durant une semaine, deux membres du groupe accompagné des OT  ont suivi une formation pratique dans une ferme de l’ANEAC.

Cet atelier de formation a permis aux futurs éleveurs du groupe le Relai d’être en capacité de lancer la première ferme du Département de la Haute-Sanaga.

 Actuellement, la future ferme est en cours de construction. La Fondation souhaite accompagner ce groupe dans cette activité. En cas de succès, ce groupe pourra à son tour, avec l’appui de la Fondation, sensibiliser et peut être former d’autres personnes ou groupes.

 

 

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